Le Premier ministre François Bayrou a annoncé recourir à l’article 49.3 pour passer en force par deux fois, sur le budget général (PLF) et sur le budget de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2025.
Je voterai les motions de censure pour s’opposer à ces budgets. Rappelons que dès lors que le gouvernement utilise l’article 49.3, il n’existe aucun autre moyen de voter contre ce budget que de voter la censure et de renverser le gouvernement. Qui ne vote pas la censure vote le budget.
Les budgets Bayrou n’apporteront aucune stabilité. La continuité de la politique macroniste et l’austérité budgétaire ne peuvent au contraire qu’aggraver l’instabilité économique, sociale et écologique pour nos concitoyens.
Le budget présenté par M. Bayrou est encore plus austéritaire que celui initié par M. Barnier : il aggrave de 6,4 milliards d’euros les coupes prévues par M. Barnier et réduit les recettes de 6,2 milliards d’euros supplémentaires. Il aggravera les difficultés économiques du pays et les licenciements par son effet récessif.
Comment 3 milliards d’euros de coupes à l’hôpital pourraient-elles apporter de la « stabilité » aux patients et personnels déjà épuisés ? En quoi 2,2 milliards d’euros de moins pour les collectivités locales permettrait la stabilité de l’investissement local ? Comment apporter de la stabilité face aux catastrophes naturelles et au dérèglement climatique en sabrant 2,6 milliards dans la rénovation des logements et l’écologie ? En quoi la stabilité des étudiants, salariés, malades ou retraités sera-t-elle renforcée par les coupes dans l’enseignement supérieur, la hausse des complémentaires santé, la hausse des factures d’électricité, la baisse des salaires des fonctionnaires en arrêt maladie, le gel du point d’indice dans la fonction publique, la soumission à la TVA des auto-entrepreneurs, toutes mesures contenues dans les budgets Bayrou ?
La seule stabilité prévue par ces budgets est pour les actionnaires et les millionnaires qui continueront de ne pas payer leur juste part d’impôts et seront à peine égratignés par des mesures symboliques que M. Bayrou a encore raboté par rapport aux déjà insuffisantes mesures Barnier. C’est sans doute pour cela que le RN ne s’oppose pas au budget.
Le chantage budgétaire de la macronie doit cesser. Ces budgets doivent être rejetés. Ceux qui ont fait exploser le déficit doivent partir du gouvernement. La démocratie parlementaire, fondement de la stabilité républicaine, doit être respectée.
Un budget de justice sociale permettant de réduire le déficit et de répondre aux besoins de la population doit être adopté comme le permettaient les amendements que le Nouveau Front Populaire a fait voter en première lecture à l’Assemblée. Dans l’attente, le gouvernement doit renoncer au sabotage de la Loi spéciale adoptée fin 2024 et ouvrir pleinement les crédits votés l’an dernier, notamment pour les services civiques ou le pass culture.
