Macron et l’Europe : un an, ça suffit !

Un an après son élection, Macron ça suffit, en Europe aussi ! C’est le sentiment qui se dégage alors que le président français s’exprimera dans l’hémicycle du Parlement européen mardi 17 avril. Quelques jours après le lancement bien timide d’une « grande marche européenne » par son parti La République en Marche.

Cela ressemble au début d’une opération sauve-qui peut alors que tous les voyants européens sont au rouge pour Macron. L’Europe devait s’enthousiasmer pour « Macron l’européen ». Peine perdue, l’action du Président de la République ne réoriente en rien la construction européenne. Il l’aggrave dans ses mauvais penchants et est incapable d’imposer le moindre changement d’importance.

Télégraphiste de Bruxelles

La réforme de la SNCF est un parfait exemple de l’alignement libéral du pouvoir français sur les dogmes de la Commission européenne. Cette réforme, jamais annoncée dans la campagne présidentielle, vise uniquement à détruire le service public français pour imposer l’ouverture à la concurrence. C’est l’application servile des traités et paquets ferroviaires européens. Le rapport Spinetta ne disait d’ailleurs pas autre chose en écrivant à propos de la SNCF que « sa forme juridique actuelle n’est pas durablement compatible avec les exigences européennes ».

Ce n’est pas la première fois que Macron agit en télégraphiste de Bruxelles. Les ordonnances sur le code du travail étaient directement issues des « recommandations » que la Commission adresse chaque année à notre pays. Il en est de même pour la baisse des dépenses publiques à commencer par la suppression de 200 000 emplois aidés ou la baisse des aides au logement. Et sur l’accord de libre-échange avec le Canada, Macron repousse l’expression du parlement français et refuse le référendum pour étouffer la souveraineté populaire. Ainsi va la politique française : Juncker et Macron agissent main dans la main contre le peuple et ses droits, comme Sarkozy et Hollande auparavant.

Macron a fait pschit

Le grand souffle promis en Europe par Macron a fait pschit. Sa prétendue victoire sur le travail détaché était une tartufferie sans effet concret : les cotisations sociales continueront d’être payées dans le pays d’origine donc le dumping continuera. Sur l’interdiction du glyphosate aussi, Macron a joué la carte de l’enfumage en ne demandant jamais l’interdiction immédiate et en refusant tout « plan B » d’interdiction nationale. Il aurait fallu pour cela désobéir aux règles de l’UE. Son idée de listes transnationales aux élections européennes a été enterrée. Son allié italien Renzi a pris une fessée électorale et le SPD allemand s’est une nouvelle fois aligné sur Merkel.

Ainsi ses projets de réformes de la zone euro passent à la moulinette allemande. Il faut dire que Macron a fait l’erreur d’attendre que la chancelière soit sortie de l’ornière électorale allemande pour discuter alors qu’il aurait en profiter pour la passer par-dessus bord ! Mais Macron est drogué au « couple franco-allemand », incapable d’une action unilatérale au nom de la France. Tout se met en place pour que le prochain président de la Banque centrale européenne soit ainsi le faucon allemand Jens Weidmann.

Insoumis, en Europe aussi !

Et quand Macron l’emporte en Europe, c’est pour aggraver les choses comme sur l’évasion fiscale. La proposition de la Commission de taxer les multinationales du numérique sur le chiffre d’affaires est ainsi une fausse bonne idée. Elle va institutionnaliser un privilège fiscal pour les multinationales contre les PME au lieu de le combattre. Elle laisse tranquilles les paradis fiscaux européens (Pays-Bas, Irlande etc) au lieu de les affronter.

Emmanuel Macron a fait la démonstration de son absence de volonté et de capacité à changer les choses en Europe. Pour faire entendre une voix sociale, écologique et démocratique forte, c’est une France insoumise, en Europe aussi, que les Français devront choisir aux élections européennes de 2019. Ils pourront le faire avec d’autant plus de force que celle-ci vient de donner naissance à un mouvement européen commun avec ses alliés espagnols de Podemos et portugais du Bloco. Le titre de la déclaration commune sonne comme l’antithèse du macronisme et montre une grande ambition: « Maintenant le peuple ! Pour une révolution citoyenne en Europe ».

 

 

 

Pour en savoir plus sur la politique européenne d’Emmanuel Macron et l’alternative proposée par la France insoumise en Europe, n’hésitez pas à lire mon dernier livre qui vient de paraître : Insoumis, en Europe aussi ! (Eric Jamet éditeur, 182 pages, 10 euros).

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